EN INDIANOCEANIE,
NOUS APPARTENONS A LA REPUBLIQUE FRANCAISE
ET A L’UNION EUROPÉENNE
NOUS SOUHAITONS PARTICIPER A LA CONSTRUCTION
D’UNE COMMUNAUTÉ INDIANOCÉANIENNE,
La
synthèse des états généraux de l’ACCD’OM[1]
n°12,
cite le passage suivant du « nouveau contrat pour La
Réunion » :
« La Réunion…n’est pas en France
mais en Indianocéanie…avec leurs voisins et cousins comoriens,
malgaches,
mauriciens et seychellois, les Réunionnais devront participer à la
construction
de la Communauté Indianocéanienne, afin d’ouvrir à nos peuples, un
espace
économique commun élargi, de proximité et solvable. »
Cette citation est tout à fait exacte et il ne faut rien en retirer.
Mais
coupé de son contexte, compte tenu des mentalités actuelles, ce passage
du
« nouveau contrat » peut porter à croire que nous voulons
sortir de
notre appartenance française et européenne. Ce qui est faux. Le passage
suivant
remet les choses en perspective : «La
Réunion - française, passionnément
française - n’est pas en France, mais en Indianocéanie ». La
conclusion est plus explicite : « C’est
maintenant que doit s’élever la voix d’une Réunion identifiée, libre et
responsable, au sein de la République une, indivisible et
diverse. »
1. Tout cela fait partie du « nouveau contrat pour La Réunion ».
2. Notre volonté d’appartenance française et européenne et notre situation en Indianocéanie sont conciliées.
3. Dire que La Réunion est en France est du même ordre que de dire comme cela se faisait au temps des colonies, que les ancêtres des Senégalais de l’Afrique Occidentale Française étaient les Gaulois.
4. Le débat ne porte pas sur le sexe des anges, il tend à ramener les idées aux réalités et à la nature des choses. Nous avons vu les conséquences des fantasmes au sujet de « la continuité territoriale »[4]. Nous le verrons également, au sujet des « prix », de « l’octroi de mer », de « l’emploi », de « la formation », de « la culture », etc.
5.
Une des faiblesses des état généraux en
cours, parmi
d’autres, est précisément, l’absence de réflexion sur ces questions qui
sont
pourtant à la source des impasses actuelles.
La plupart de ces impasses, viennent, en effet, d’une vision
fantasmatique des
choses concernant les rapports, au sein de la République, entre la
France et La
Réunion ; concernant les situations respectives de l’une et de
l’autre.
6. La Réunion veut rester dans la République française, une, indivisible mais diverse.[5]
7. La Réunion doit afficher son appartenance indianocéanienne. Un examen de La Réunion, comme de n’importe quelle île indianocéanienne en l’isolant, revient à traiter d’un maillon d’une chaîne sans la chaîne ; à traiter d’une partie d’un corps sans prendre en compte l’ensemble du corps. Un tel examen, tronqué, ne peut pas déboucher sur des solutions durables, des solutions viables.
Paul HOARAU
[1] Association des Communes et
Collectivités d’Outre Mer qui publie chaque semaine une synthèse très
intéressante des états généraux à travers les départements et
territoires
d’outre mer, et dans « l’hexagone ».
[2]
Compte tenu de la situation
de La Réunion dont l’Etat est l’Etat français, des dispositions
spéciales
franco françaises pourront être prises pour permettre aux Réunionnais
de
traiter avec les autres pays pour les affaires communautaires. Des
délégations
de compétences d’Etat pourraient être envisagées.
[3] Je prépare en ce moment une
publication plus détaillée sur l’Indianocéanie.
[4]
Journal PH du 8 avril 2009.
[5] Michel Debré, après une
certain temps de son expérience réunionnaise, répétait que l’unité de
la Nation
n’était pas l’uniformité. La France, avec les immigrations diverses,
apprend ce
que nous vivons, nous, depuis les origines de notre Histoire : la
diversité.